Au CES 2026, le vélo électrique a surtout été abordé sous l’angle des technologies embarquées. Batteries à semi-conducteurs, connectivité et intelligence artificielle issues de l’automobile et de l’IoT commencent à être adaptées à la micromobilité, sans modification majeure des moteurs ou des cadres.

L’essentiel de l’article :
- Les batteries à semi-conducteurs sortent du stade expérimental.
- La connectivité devient une base technique commune.
- L’IA embarquée migre de l’automobile vers les vélos.
- Les fabricants chinois se repositionnent sur la technologie.
Batteries à semi-conducteurs : un changement attendu
Les batteries à semi-conducteurs, longtemps limitées aux annonces industrielles, ont été montrées sous des formes concrètes au CES 2026. Des démonstrations ont montré des cellules et des packs fonctionnels destinés à une mise en production.
Pour le vélo électrique, les objectifs sont précis. Une densité énergétique plus élevée permet soit de réduire le poids, soit d’augmenter l’autonomie. La sécurité progresse également, avec une baisse marquée du risque thermique par rapport aux batteries lithium-ion classiques.
Autre point mis en avant : la recharge. Les temps annoncés se comptent en minutes pour des charges partielles, contre plusieurs heures aujourd’hui. Le coût reste élevé, ce qui limite l’adoption immédiate.
Cette évolution relance toutefois la question des standards. Les travaux autour d’un chargeur universel pour vélo électrique en Europe ouvrent la voie à des batteries capables d’accepter des puissances plus élevées sans multiplier les formats propriétaires. Les premiers usages visés concernent les vélos haut de gamme, les flottes et les systèmes à batteries échangeables.
La connectivité comme socle technique
La connectivité a été présentée comme un élément standard du vélo électrique. Les technologies sans fil à faible consommation, déjà déployées dans les villes intelligentes et l’industrie, arrivent à maturité pour un déploiement à grande échelle.
Le vélo électrique est de plus en plus décrit comme un véhicule relié à des services. Il devient un élément d’un réseau urbain, capable de transmettre des données, de recevoir des mises à jour et d’être supervisé à distance. Cette évolution concerne autant les usages individuels que les flottes partagées.
Des acteurs ont présenté des modules de communication servant de support à des tableaux de bord, à des alertes contextuelles et au suivi en temps réel.
L’IA embarquée descend vers la micromobilité
L’intelligence artificielle est abordée dans la continuité de cette évolution. Des technologies issues de l’automobile sont progressivement adaptées à des formats plus compacts et moins énergivores.
Au CES, l’accent a été mis sur la sécurité passive. Les premiers systèmes se concentrent sur l’alerte du cycliste et la perception de l’environnement, sans prise de contrôle du véhicule. Radar, vision et apprentissage automatique sont ensemble pour détecter les dangers en temps réel.
Des systèmes d’assistance au pilotage ont été présentés, avec des alertes visuelles, sonores ou haptiques. Elles transposent au vélo des principes déjà connus dans l’automobile, en tenant compte des contraintes propres aux deux-roues.
Maintenance prédictive et gestion des flottes
Le CES 2026 a aussi mis en avant l’IA appliquée à la maintenance. Inspirés des outils de gestion de flottes automobiles, ces systèmes analysent l’état des batteries, des moteurs et les habitudes d’usage afin d’anticiper les pannes.
Pour les vélos électriques, l’intérêt est opérationnel. La mécanique est plus simple, mais les volumes sont élevés. L’analyse automatisée permet de réduire les immobilisations et d’optimiser les coûts d’exploitation, notamment pour les opérateurs de flottes.
Des démonstrations ont présenté des architectures orientées télématique, avec des écrans embarqués sous Linux et des puces combinant connectivité, interface et assistance. Cette logique s’inscrit dans un mouvement plus large de normalisation des interfaces, déjà visible avec l’arrivée de l’USB-C sur le vélo électrique, notamment pour les accessoires et les systèmes connectés.
Fabricants chinois : montée en gamme assumée
La présence des fabricants chinois au CES a illustré leur montée en gamme. Des marques comme Urtopia, Fiido, Ado, Segway ou Engwe n’ont pas cherché à concurrencer le marché américain sur le prix, dans un contexte marqué par les droits de douane. Leur positionnement se rapproche davantage de modèles orientés performance et équipement, comparables à certains VTT électriques haut de gamme comme le Lombardo Stilus e-All Mountain.
Le salon a servi de vitrine technologique. Les discours ont mis en avant le logiciel, le design et les fonctions connectées. Leur discours a mis l’accent sur le logiciel, le design et les fonctions connectées, plutôt que sur le prix.
Une évolution progressive plutôt qu’une rupture
Le CES 2026 n’a pas introduit de rupture visible pour le vélo électrique. Il a rappelé que les technologies utilisées sur le vélo électrique sont déjà éprouvées dans d’autres secteurs. Leur adaptation à la micromobilité est désormais en cours.
L’évolution du vélo électrique repose sur l’intégration progressive de ces briques, sans changement brutal. L’enjeu pour les acteurs du secteur sera de les intégrer sans alourdir l’usage ni brouiller l’identité du vélo comme moyen de transport simple et accessible.
FAQ – CES 2026 et évolutions du vélo électrique
Non. Leur diffusion sera progressive et limitée dans un premier temps aux vélos haut de gamme et aux flottes, en raison des coûts de production encore élevés.
Oui. L’absence d’électrolyte liquide réduit fortement les risques liés à la surchauffe et aux incendies lors de la charge ou du stockage.
Les recharges très rapides concernent surtout des charges partielles. Leur généralisation dépendra des standards de charge et des infrastructures.
L’IA sert à la sécurité passive, l’analyse de l’environnement et la maintenance prédictive, sans prise de contrôle du vélo.
Les droits de douane et la concurrence mondiale les poussent à mettre en avant le logiciel, la connectivité et l’équipement plutôt que le prix seul.
