Les promos sur les vélos électriques, on les voit partout depuis deux ans. Derrière ces étiquettes, les groupes industriels encaissent aussi. Accell Group, qui possède Lapierre, Haibike, Batavus, Koga, Raleigh, Sparta et Babboe, en fait partie. Fin 2025, Fitch a maintenu sa note de crédit à « CCC » : la marge de manœuvre financière reste très faible.

L’essentiel de l’article :
- Fitch laisse Accell Group en « CCC » : dette élevée, trésorerie sous tension.
- Heerenveen arrête la fabrication d’ici fin T1 2026 : environ 160 postes concernés, tout en gardant un pôle d’ingénierie.
- Production recentrée : site hongrois au centre, assemblage final à Dijon pour une partie.
- Le marché du vélo électrique reste mou : stocks, promos, volumes en baisse… et une bataille sur la rentabilité.
Accell Group et la notation Fitch : pourquoi le « CCC » fait tache
Quand une agence comme Fitch colle « CCC » à un groupe, ce n’est pas une petite tape sur l’épaule. Dans l’échelle Fitch, « CCC » signifie un risque de défaut réel si les conditions se dégradent ou si la trésorerie craque.
La lecture la plus simple : Accell Group doit tenir son plan sans se planter sur l’exécution. La moindre glissade (retard industriel, ventes encore plus basses, coût logistique qui grimpe) peut vite peser.
Un « CCC », ça change quoi réellement ?
Pour nous, cyclistes, la note ne dit pas “vos vélos vont disparaître demain”. Elle raconte autre chose : l’entreprise paye plus cher pour se financer, elle surveille ses dépenses au millimètre, et elle n’a pas le droit à des erreurs longues.
Et ça se voit souvent dans les décisions concrètes : réduction des stocks, gammes qui se simplifient, moins de remises sauvages, et une obsession sur les délais de livraison chez les revendeurs.
La dette : le sujet qui colle aux pneus
Accell a lancé une grosse recapitalisation annoncée en octobre 2024, avec un objectif clair : faire baisser la dette et redonner de l’air. Le groupe a communiqué sur une réduction d’environ 600 M€ (soit autour de 40%), en ramenant la dette d’environ 1,4 Md€ à 0,8 Md€, avec un apport de liquidités d’environ 235 M€ et des échéances repoussées jusqu’en 2030.
Dit autrement : c’est un reset partiel. Sauf que, même après ça, la pression reste là. C’est aussi pour ça qu’on voit Accell accélérer ses changements industriels.
Accell Group : Heerenveen ferme l’atelier, pas la tête
Heerenveen, aux Pays-Bas, ce n’est pas juste une usine sur une carte. C’est un symbole : plus de 120 ans d’histoire industrielle. Et pourtant, Accell a annoncé que la fabrication sur place doit s’arrêter d’ici la fin du T1 2026.
On parle d’environ 160 emplois touchés, avec un basculement de la production vers la Hongrie. Le site néerlandais, lui, est censé rester vivant sous une autre forme : un hub orienté design, ingénierie et fonctions support, autour d’une centaine de personnes.
Si tu veux le contexte complet sur ce virage, on l’a détaillé ici : Accell va fermer son usine d’Heerenveen : menace pour l’emploi, chance pour l’innovation ?
Pourquoi miser sur la Hongrie… et garder Dijon dans le jeu ?
Accell explique vouloir concentrer la fabrication sur son site hongrois, avec un appui en France via un site d’assemblage final à Dijon. L’idée est assez claire : réduire le nombre de sites à gérer, limiter les sous-charges, et rendre l’outil industriel plus “prévisible”.
Au passage, ça s’inscrit dans une trajectoire déjà entamée : Accell a aussi parlé de cession / désengagement d’actifs non centraux, et de la fermeture d’autres points de production précédemment.
Et les marques dans tout ça : Lapierre, Haibike, Babboe… on doit s’inquiéter ?
Accell Group reste un portefeuille très large, avec des marques sport, urbain, VAE premium, et aussi du cargo (Babboe/Carqon). Pour le consommateur, le vrai sujet n’est pas “la marque disparaît”, mais plutôt : est-ce que l’organisation tient la promesse sur les pièces, le SAV, les délais ?
Sur Babboe, par exemple, le groupe a déjà traversé une période compliquée avec des rappels et une remise en vente progressive sur certains marchés. Ce genre d’épisode coûte cher et force à remettre la qualité et le contrôle au centre, surtout quand les finances sont déjà tendues.
Marché du vélo électrique : le creux dure, et Accell Group serre les réglages
Le marché du vélo électrique en Europe traverse une phase de digestion : trop de stock, trop de promos, et une demande qui ne suit plus le rythme de 2021–2022. Accell a reconnu une grosse baisse d’activité en 2024, avec un chiffre d’affaires tombé à un peu plus d’1 milliard d’euros (en recul d’environ 22% par rapport à 2023), dans un contexte de remises massives.
Les cabinets qui suivent l’industrie décrivent la même mécanique : correction de stocks et tensions sur les marges, avec un retour à la normale qui prend du temps.
Le vrai nœud : stocks + remises = marges qui fondent
Quand les entrepôts débordent, tout le monde brade. Accell a d’ailleurs acté une réduction forte de son réseau logistique, en passant d’environ 85 entrepôts à 28, avec un objectif affiché encore plus bas dans les prochaines années.
Ce point-là est important pour comprendre le plan : moins de stock immobilisé, c’est moins d’argent “bloqué” dans des vélos qui dorment.
Nous, acheteurs de VAE : on fait quoi en 2026 ?
La tentation, c’est de se dire : “Tant mieux, je prends un super VAE à -30%”. Oui… mais on garde un œil sur deux ou trois trucs.
D’abord, on regarde le réseau revendeur : un bon magasin, c’est une garantie de réglages, de pièces, et d’un suivi sur la durée. Ensuite, on compare la fiche technique (batterie, moteur, compatibilité des pièces) et les conditions de garantie.
Dernier point, un peu bête mais réel : quand un groupe comme Accell Group resserre sa production, il cherche souvent à lisser les gammes. Résultat : certains modèles changent, d’autres disparaissent. Si un vélo te plaît vraiment, tu fais le tour des tailles et des stocks… avant qu’il ne devienne “introuvable”.
Et si on veut une option plus “budget”, avec une disponibilité très large en France, tu peux aussi jeter un œil à notre sélection : Meilleurs vélos électriques Decathlon : Top 10 des VAE de cette année !
FAQ de la situation Accell Group
Accell Group regroupe plusieurs marques vélo (VAE, route, cargo, urbain). Le groupe fabrique aussi des pièces et accessoires, avec un gros réseau de revendeurs en Europe.
Non. « CCC » indique surtout une fragilité : la trésorerie et la dette laissent peu de marge. Si le marché se retourne, la pression monte vite.
Accell transfère la fabrication vers la Hongrie pour réduire les sites à gérer et à stabiliser les coûts. Heerenveen garde un rôle design/ingénierie, avec environ 100 personnes.
Le risque principal, c’est le délai sur certaines pièces si la logistique bouge. Le bon réflexe : passer par un revendeur solide et vérifier la dispo des consommables et batteries.
